Officines en danger : une pharmacie sur trois menacée de fermeture, syndicats déterminés à bloquer la réforme
Une profession à bout de souffle
Après l’annonce d’une mobilisation nationale et la fermeture programmée de la quasi-totalité des officines le samedi 16 août, les syndicats de pharmaciens accentuent leur discours : près d’une pharmacie sur trois en France pourrait fermer ses portes dans les prochaines années si la réforme des marges sur les médicaments génériques est appliquée sans amendement.
Derrière cette statistique alarmante se cache une réalité : de nombreuses pharmacies, notamment en zone rurale et dans les quartiers sensibles, fonctionnent déjà avec une rentabilité très faible.
Les causes de la crise
L’État souhaite réduire le coût des remboursements pour la Sécurité sociale en baissant les remises accordées aux pharmacies sur les génériques. Problème : dans un modèle économique déjà fragilisé par la baisse de fréquentation et par la concurrence croissante de la vente en ligne, cette marge constitue pour de nombreux officinaux une source de revenu vitale. Selon la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), cette mesure pourrait générer des pertes insupportables pour les plus petites structures.
Les zones rurales en première ligne
Dans certaines communes dépourvues de médecins généralistes, la pharmacie constitue le dernier point d’accès physique au soin. Sa disparition signifierait pour les habitants un déplacement obligatoire sur plusieurs dizaines de kilomètres pour obtenir des médicaments prescrits ou des conseils professionnels. Cette situation accroît le sentiment d’abandon dans les territoires ruraux, déjà frappés par la désertification médicale.

La contestation monte
Les syndicats annoncent d’ores et déjà que la grève de samedi pourrait être suivie d’actions répétées si leurs revendications ne sont pas entendues. Des pétitions circulent dans les officines, et les associations de maires ruraux se joignent au mouvement, considérant la fermeture d’une pharmacie comme un facteur aggravant de fracture territoriale.
Le gouvernement face au dilemme
Le ministère de la Santé insiste sur la nécessité de maîtriser les dépenses de santé mais tente d’ouvrir une porte de négociation via un fonds d’aide d’urgence destiné aux structures les plus fragiles. Les syndicats jugent ces propositions insuffisantes et réclament un gel pur et simple de la réforme le temps d’en évaluer les conséquences réelles.
Vers un nouveau modèle ?
Des experts du secteur suggèrent de repenser le rôle de la pharmacie dans le parcours de soins : développement de la téléconsultation sur place, vaccination, bilans de santé préventifs, et vente de produits à plus forte valeur ajoutée pour diversifier les revenus. La transition numérique pourrait aussi renforcer la compétitivité, à condition d’accompagner financièrement les petites structures.
