Lyrica, la « drogue du pauvre » : explosion des détournements de cet anti-épileptique en France
Un médicament sous surveillance
La prégabaline, commercialisée sous le nom de Lyrica, est de plus en plus détournée de son usage médical en France. Initialement prescrit contre l’épilepsie et les douleurs neuropathiques, ce médicament est devenu, selon les autorités sanitaires, la « drogue du pauvre » : facile à se procurer, bon marché et aux effets psychotropes puissants. Les saisies et les cas d’abus se multiplient, suscitant l’inquiétude des professionnels de santé et des forces de l’ordre1.
Un phénomène en forte hausse
Selon les chiffres de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les cas d’intoxication à la prégabaline ont doublé en cinq ans. Les centres antipoison alertent sur des effets secondaires graves : confusion, troubles du comportement, hallucinations, voire coma. Les services de police et de douane constatent une explosion des ventes illicites, notamment sur Internet et dans certains quartiers populaires.
Les raisons du succès
Plus accessible et moins cher que la cocaïne ou l’héroïne, le Lyrica séduit une population précaire, souvent en rupture sociale ou psychologique. Les consommateurs recherchent ses effets anxiolytiques, euphorisants et désinhibiteurs. Certains l’associent à d’autres substances pour potentialiser les effets, au risque de surdose et de dépendance sévère.

Les conséquences sanitaires et sociales
Le détournement du Lyrica pose un double problème : explosion des addictions et saturation des structures d’accueil. Les médecins de ville et les urgences hospitalières sont confrontés à des patients en état de manque, parfois violents ou désorientés. Les associations d’aide aux toxicomanes réclament une meilleure formation des professionnels et un accompagnement spécifique pour ces nouveaux profils d’usagers.
La réponse des autorités
Face à l’ampleur du phénomène, le ministère de la Santé a renforcé la surveillance de la prescription et de la distribution de la prégabaline. Depuis 2021, le Lyrica ne peut être délivré que sur ordonnance sécurisée, et les pharmaciens doivent signaler tout comportement suspect. Des campagnes de prévention sont menées dans les quartiers les plus touchés, mais les résultats restent mitigés.
Les enjeux pour la santé publique
Le cas du Lyrica illustre les limites du système de contrôle des médicaments et la difficulté de lutter contre le détournement de substances légales. Les experts appellent à une réflexion globale sur la prise en charge des addictions, la régulation du marché pharmaceutique et l’accompagnement des populations vulnérables.
Conclusion
L’explosion des détournements de Lyrica est un signal d’alarme pour la santé publique en France. Il est urgent de renforcer la prévention, la surveillance et l’accompagnement des usagers pour éviter que ce médicament ne devienne un fléau comparable à celui des opioïdes dans d’autres pays.
