Endométriose, la Haute Autorité de Santé précise la place de l’imagerie médicale – Vers un diagnostic plus précoce et harmonisé en France
Une maladie longtemps ignorée, désormais au cœur des priorités de santé
L’endométriose, maladie gynécologique chronique qui touche près d’une femme sur dix en âge de procréer, reste l’un des grands défis de la santé féminine en France. Longtemps ignorée ou minimisée, elle est désormais reconnue comme une priorité par les pouvoirs publics, les professionnels de santé et les associations de patientes. Le 4 juin 2025, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations précisant la place de l’imagerie médicale dans le diagnostic et le suivi de l’endométriose, une avancée saluée comme décisive pour des millions de femmes.
L’imagerie médicale : un outil clé pour un diagnostic fiable
Jusqu’à récemment, le diagnostic de l’endométriose reposait essentiellement sur les symptômes cliniques (douleurs pelviennes, règles abondantes, infertilité) et, dans certains cas, sur la chirurgie exploratrice. Cette approche, source de retards et d’erreurs, laissait de nombreuses patientes sans réponse ni prise en charge adaptée. Les nouvelles recommandations de la HAS placent l’imagerie – échographie pelvienne, IRM, parfois scanner – au centre du parcours diagnostic. L’objectif est double : détecter la maladie plus tôt et harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire.
Les recommandations de la Haute Autorité de Santé
La HAS préconise désormais une échographie pelvienne de première intention, réalisée par un professionnel formé à la détection de l’endométriose. Si l’examen est évocateur ou en cas de doute, une IRM pelvienne est recommandée pour préciser l’extension des lésions et guider la prise en charge. L’intérêt de l’imagerie est aussi de limiter le recours à la chirurgie diagnostique, souvent lourde et anxiogène pour les patientes. Enfin, la HAS insiste sur l’importance du « savoir-être » des soignants : écoute, bienveillance et information claire sont essentiels pour accompagner les femmes dans leur parcours.
Un enjeu d’égalité territoriale et sociale
L’un des défis majeurs reste l’accès à une imagerie de qualité sur l’ensemble du territoire. Trop de femmes, notamment en zones rurales ou précaires, peinent à obtenir un diagnostic rapide faute de spécialistes ou d’équipements adaptés. Les associations de patientes alertent sur les inégalités persistantes et appellent à un plan national de formation des professionnels et de déploiement de centres experts. La HAS recommande également de renforcer la coordination entre gynécologues, radiologues et médecins généralistes pour fluidifier le parcours de soins.
Les conséquences d’un diagnostic tardif
Le retard au diagnostic, qui atteint en moyenne sept ans en France, a des conséquences dramatiques : aggravation des douleurs, altération de la fertilité, impact psychologique et social majeur. De nombreuses femmes voient leur vie professionnelle, familiale et intime bouleversée, parfois sans prise en charge adaptée. L’amélioration du diagnostic grâce à l’imagerie est donc un enjeu de santé publique, mais aussi d’égalité et de dignité pour les patientes.

Les avancées de la recherche et de la prise en charge
La recherche sur l’endométriose progresse, avec de nouveaux traitements médicaux et chirurgicaux, mais aussi des approches complémentaires (nutrition, activité physique, gestion du stress). L’imagerie joue un rôle central dans l’évaluation de l’efficacité des traitements et la surveillance des récidives. Les centres experts, de plus en plus nombreux, proposent une prise en charge pluridisciplinaire, associant gynécologues, radiologues, chirurgiens, psychologues et kinésithérapeutes.
Témoignages de patientes : entre espoir et vigilance
Pour de nombreuses femmes, ces avancées sont porteuses d’espoir. « J’ai enfin été prise au sérieux grâce à une IRM, après des années d’errance médicale », témoigne Claire, 32 ans. D’autres appellent à la vigilance : « Il faut que toutes les femmes, quel que soit leur lieu de vie, aient accès aux mêmes examens et à la même qualité de prise en charge », insiste Marion, membre d’une association de patientes.
Les enjeux de la formation et de l’information
La réussite de cette nouvelle stratégie repose sur la formation des professionnels de santé à la lecture des images et à l’écoute des patientes. Les pouvoirs publics, les sociétés savantes et les associations travaillent ensemble à l’élaboration de guides pratiques, de formations continues et de campagnes d’information. L’objectif est de faire de l’endométriose une maladie connue, reconnue et traitée partout en France.
Conclusion : vers une révolution du diagnostic de l’endométriose
La publication des recommandations de la HAS sur la place de l’imagerie médicale marque une étape décisive dans la lutte contre l’endométriose. Elle ouvre la voie à un diagnostic plus précoce, plus fiable et plus équitable, condition indispensable à une prise en charge efficace. Pour les millions de femmes concernées, c’est l’espoir d’une vie moins douloureuse et d’un parcours de soins enfin à la hauteur de leurs attentes.
