Chikungunya à La Réunion, trois nouveaux décès
L’épidémie progresse, la vigilance sanitaire renforcée sur l’île
L’île de La Réunion fait face à une résurgence inquiétante du chikungunya, avec trois nouveaux décès annoncés mercredi 28 mai par Santé publique France. Depuis le début de l’année, l’épidémie a déjà causé quinze morts et des milliers de cas, plaçant les autorités sanitaires en état d’alerte maximale. Cette situation met en lumière la vulnérabilité des territoires ultramarins face aux maladies vectorielles et la nécessité d’une mobilisation collective pour enrayer la propagation du virus.
Un virus transmis par les moustiques
Le chikungunya est une maladie virale transmise par les piqûres de moustiques du genre Aedes, principalement Aedes albopictus, aussi appelé « moustique tigre ». Les symptômes apparaissent en général trois à sept jours après la piqûre et se manifestent par une forte fièvre, des douleurs articulaires intenses, des maux de tête et parfois des éruptions cutanées. Si la maladie est rarement mortelle, elle peut entraîner des complications graves chez les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.
Une épidémie sous surveillance
Selon les chiffres de Santé publique France, plus de 8 000 cas de chikungunya ont été recensés depuis le début de l’année, soit une augmentation de 40 % par rapport à la même période en 2024. Les trois nouveaux décès portent à quinze le nombre total de victimes sur l’île. Les autorités sanitaires ont renforcé la surveillance épidémiologique, multiplié les campagnes de dépistage et mis en place des équipes mobiles pour intervenir dans les zones les plus touchées.
Le préfet de La Réunion a appelé la population à la vigilance et au respect des gestes de prévention : élimination des eaux stagnantes, utilisation de répulsifs, port de vêtements couvrants et installation de moustiquaires. Des messages d’alerte sont diffusés quotidiennement à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux.
Les causes de la résurgence
Plusieurs facteurs expliquent la recrudescence du chikungunya à La Réunion. Le réchauffement climatique favorise la prolifération des moustiques, qui trouvent des conditions idéales pour se reproduire dans les zones humides et chaudes. L’urbanisation rapide, la densité de population et la mobilité accrue des habitants contribuent également à la diffusion du virus.
Les experts soulignent aussi le relâchement des mesures de prévention après plusieurs années de faible circulation du virus. « La population a tendance à baisser la garde lorsque l’épidémie semble sous contrôle, ce qui facilite la reprise de la transmission », explique un épidémiologiste de l’Inserm.

Les conséquences pour la santé publique
L’épidémie de chikungunya met à rude épreuve le système de santé réunionnais. Les hôpitaux et les centres de santé sont saturés, les médecins généralistes débordés. Les complications articulaires, parfois invalidantes, nécessitent des prises en charge prolongées. Les autorités sanitaires craignent une aggravation de la situation si la propagation du virus n’est pas rapidement maîtrisée.
Des équipes de l’Agence régionale de santé (ARS) ont été dépêchées en renfort pour coordonner la réponse sanitaire, organiser la prise en charge des patients et soutenir les professionnels de santé. Des campagnes de vaccination contre la dengue, également présente sur l’île, sont menées en parallèle pour éviter une double épidémie.
Une mobilisation collective nécessaire
Face à l’ampleur de la crise, les autorités appellent à la mobilisation de tous les acteurs : collectivités locales, associations, entreprises, établissements scolaires. Des opérations de nettoyage des quartiers, de distribution de répulsifs et d’information sont organisées dans toute l’île. Les mairies mettent à disposition des kits de protection et des équipes de bénévoles sillonnent les zones à risque pour sensibiliser la population.
Les scientifiques insistent sur l’importance de la recherche et de l’innovation pour lutter contre les maladies vectorielles. Des projets de stérilisation des moustiques, de développement de nouveaux insecticides et de vaccins sont en cours, avec le soutien de l’Union européenne et de l’Organisation mondiale de la santé.
Conclusion
La résurgence du chikungunya à La Réunion, avec trois nouveaux décès, rappelle la nécessité d’une vigilance constante face aux maladies vectorielles. La mobilisation de tous, la modernisation des infrastructures sanitaires et la recherche de solutions innovantes sont indispensables pour protéger la population et éviter de nouvelles crises sanitaires dans les territoires ultramarins.
