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Chikungunya à La Réunion : l’épidémie recule, mais la vigilance sanitaire demeure

Chikungunya à La Réunion : l’épidémie recule, mais la vigilance sanitaire demeure

Depuis le début de l’année 2025, La Réunion fait face à une épidémie de chikungunya qui a mobilisé l’ensemble des acteurs de la santé publique. Si les autorités constatent aujourd’hui une baisse du nombre de cas, la situation reste préoccupante et rappelle la vulnérabilité des territoires ultramarins face aux maladies vectorielles. Retour sur une crise sanitaire qui interroge la résilience du système de santé réunionnais et la capacité d’anticipation des pouvoirs publics.

Un « haut niveau de transmission » qui recule enfin

Après plusieurs mois de circulation intense du virus, les derniers chiffres publiés par l’Agence Régionale de Santé (ARS) indiquent une stabilisation, voire une amorce de baisse, du nombre de consultations et de passages aux urgences pour suspicion de chikungunya. Cette évolution est saluée par les professionnels de santé, même si « l’épidémie est loin d’être terminée », selon l’ARS.

Le chikungunya, transmis par le moustique Aedes albopictus, provoque fièvre, douleurs articulaires et fatigue persistante. Si la maladie est rarement mortelle, elle peut entraîner des complications graves chez les personnes fragiles, notamment les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.

Une mobilisation sanitaire exemplaire

Dès les premiers signaux d’alerte, les autorités sanitaires ont déployé un plan d’action coordonné :

  • Renforcement de la surveillance épidémiologique : Les réseaux de médecins sentinelles et les laboratoires ont été mobilisés pour détecter rapidement les cas et suivre l’évolution de l’épidémie.
  • Campagnes de prévention : Des messages ont été diffusés à la radio, à la télévision et sur les réseaux sociaux pour inciter la population à éliminer les gîtes larvaires et à se protéger des piqûres de moustiques.
  • Interventions de démoustication : Les équipes de la lutte antivectorielle ont mené des opérations ciblées dans les zones les plus touchées, en collaboration avec les collectivités locales.
  • Prise en charge des patients : Les hôpitaux et centres de santé ont adapté leurs dispositifs pour accueillir les patients, avec des filières dédiées et un renforcement des équipes médicales.

La question de la prévention et de l’anticipation

L’épidémie de chikungunya à La Réunion n’est pas un phénomène isolé. Depuis plusieurs années, les territoires ultramarins sont confrontés à la recrudescence des maladies vectorielles (dengue, zika, chikungunya), favorisée par le changement climatique, l’urbanisation et l’intensification des échanges humains.

Les experts soulignent l’importance d’une prévention durable, fondée sur l’éducation à la santé, la gestion des déchets et l’aménagement du territoire. « Il faut passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation », explique le Dr Marie-Laure Denis, infectiologue au CHU de Saint-Denis.

Les défis du système de santé réunionnais

L’épidémie a mis en lumière les forces et les faiblesses du système de santé à La Réunion :

  • Une capacité de mobilisation rapide : Les professionnels de santé, les collectivités et les associations ont su travailler ensemble pour faire face à la crise.
  • Des inégalités territoriales persistantes : Certains quartiers, notamment dans l’ouest et le sud de l’île, restent plus exposés en raison de la précarité, du manque d’accès à l’eau potable et de l’insalubrité.
  • La question des ressources humaines : Le manque de médecins et de spécialistes dans certaines zones rurales complique la prise en charge des patients et la prévention.

L’importance de la recherche et de l’innovation

La lutte contre le chikungunya s’appuie également sur la recherche scientifique. Des équipes locales et nationales travaillent sur le développement de nouveaux outils de diagnostic, de traitements et de vaccins. La collaboration avec les instituts de recherche métropolitains et internationaux est essentielle pour anticiper les mutations du virus et adapter les stratégies de lutte.

Les enseignements pour l’avenir

L’épidémie de chikungunya à La Réunion doit servir de leçon pour l’ensemble des territoires ultramarins et tropicaux. Elle rappelle la nécessité d’un investissement durable dans la santé publique, la prévention et la recherche. Elle souligne aussi l’importance de la solidarité nationale et internationale face à des défis sanitaires qui ne connaissent pas de frontières.

Conclusion : une vigilance à maintenir

Si la situation s’améliore, la vigilance reste de mise. L’épidémie de chikungunya n’est pas terminée et d’autres menaces sanitaires pourraient surgir à l’avenir. La Réunion, laboratoire de la santé tropicale, doit continuer d’innover et de renforcer ses capacités de prévention et de réponse. La mobilisation de tous – citoyens, professionnels de santé, pouvoirs publics – est la clé pour protéger la population et construire un avenir plus résilient.

 

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