Le Partage de la Lune : Vers un "Code Napoléon" de l'Espace Extra-atmosphérique ?
La course aux ressources lunaires et le vide juridique du Traité de 1967 font craindre un conflit de souveraineté inédit.
Si les yeux du grand public sont rivés sur les images spectaculaires des bases lunaires Artemis (USA) et ILRS (Chine-Russie), les juristes et stratégistes mondiaux s'inquiètent d'un danger bien plus terrestre : l'absence de droit de propriété sur la Lune. En 2026, la Lune n'est plus un astre contemplatif, c'est le "Far West" du XXIe siècle.
L'Or Bleu du Pôle Sud
Pourquoi un tel acharnement sur le pôle Sud lunaire ? La réponse tient en un mot : la glace. L'eau piégée dans les cratères perpétuellement à l'ombre est la clé de la colonisation spatiale. Elle fournit de l'oxygène pour respirer et de l'hydrogène pour le carburant des fusées en partance pour Mars. En janvier 2026, les premiers avant-postes robotisés chinois et américains se trouvent à moins de quelques kilomètres les uns des autres. Le risque de collision ou d'interférence radio est réel, et aucun tribunal international n'est compétent pour trancher.

L'Hélium-3 et la Renaissance Énergétique
Au-delà de l'eau, l'Hélium-3 présent dans la régolithe lunaire fait rêver les géants de l'énergie. Cet isotope est le carburant idéal pour la fusion nucléaire propre. Les entreprises privées, portées par des milliardaires de la Tech, font pression sur les gouvernements pour obtenir des "titres d'exploitation". Or, le Traité de l'Espace de 1967 stipule que l'espace n'appartient à aucune nation. Washington a contourné le problème avec les "Accords Artemis", créant des "zones de sécurité" qui ressemblent fort à une appropriation territoriale déguisée, ce que Pékin dénonce comme un acte d'impérialisme spatial.
Une Diplomatie de la Dernière Chance
Face à ce vide, une initiative portée par des universitaires de l'ONU propose en 2026 la création d'une "Haute Autorité des Ressources Spatiales". L'idée serait de gérer la Lune comme un "Patrimoine Commun de l'Humanité", sur le modèle des fonds marins. Mais les puissances spatiales sont-elles prêtes à partager les bénéfices de leurs investissements colossaux ? La géopolitique de 2026 ne s'arrête plus à l'atmosphère ; elle englobe désormais la Terre et son satellite comme un seul champ de bataille diplomatique et économique.
