L’Europe face à la canicule et au chikungunya – Santé publique en alerte
Un été sous haute tension climatique et sanitaire
L’été 2025 s’annonce comme l’un des plus chauds jamais enregistrés en Europe. Dès la mi-juin, plusieurs pays du sud et du centre du continent ont battu des records de température : 43°C à Séville, 41°C à Rome, 39°C à Lyon, 37°C à Berlin. Les services météorologiques lancent des alertes canicule successives, tandis que les hôpitaux se préparent à une vague de patients victimes de déshydratation, d’insolation ou d’aggravation de pathologies chroniques.
Mais cette année, un autre danger s’ajoute : la progression rapide du chikungunya, maladie virale transmise par le moustique tigre. Après avoir touché l’Italie, l’Espagne et le sud de la France, le virus circule désormais en Allemagne, en Suisse et jusqu’en Belgique, selon l’ECDC.
Canicule : un défi pour les villes et les systèmes de santé
Les grandes métropoles européennes sont en première ligne. Paris, Madrid, Milan et Vienne multiplient les « îlots de fraîcheur », ouvrent des gymnases climatisés et distribuent des bouteilles d’eau dans les quartiers populaires. Les autorités rappellent les gestes de prévention : s’hydrater, éviter les sorties aux heures chaudes, surveiller les personnes âgées et les enfants.
Les hôpitaux, déjà sous tension après la pandémie de Covid-19, redoutent une saturation des urgences. En 2024, la canicule avait causé plus de 15 000 décès prématurés en Europe. Cette année, l’OMS et la Commission européenne appellent à une vigilance accrue et à la mobilisation de tous les acteurs : collectivités, entreprises, citoyens.

Chikungunya : la menace s’étend au nord de l’Europe
Longtemps cantonné aux tropiques, le chikungunya s’est installé en Méditerranée depuis 2022. Mais le réchauffement climatique et la prolifération du moustique tigre (Aedes albopictus) favorisent désormais des foyers autochtones jusque dans le nord de l’Europe. Plus de 3 000 cas ont été recensés depuis le début de l’année, dont une centaine à Paris et à Bruxelles.
Les symptômes (fièvre, douleurs articulaires, éruptions cutanées) sont souvent bénins, mais peuvent devenir chroniques ou graves chez les personnes fragiles. Les autorités sanitaires recommandent la destruction des gîtes larvaires, l’utilisation de répulsifs et la surveillance des voyageurs revenant de zones à risque.
Une Europe vulnérable, des réponses inégales
La gestion de la double crise canicule-chikungunya révèle les failles de la coordination européenne. Certains pays, comme l’Espagne et l’Italie, disposent de plans d’urgence rodés et d’équipes mobiles de santé publique. D’autres, comme la Pologne ou la Hongrie, peinent à adapter leurs infrastructures et à sensibiliser la population. Les ONG appellent à une stratégie européenne commune, à des investissements dans la prévention et à une meilleure information du public.
Vers une adaptation durable au changement climatique
Au-delà de l’urgence, la crise actuelle relance le débat sur l’adaptation des villes et des territoires. Urbanisme végétalisé, rénovation énergétique, gestion de l’eau, anticipation des risques sanitaires : les experts plaident pour une « Europe résiliente », capable de faire face à la multiplication des événements extrêmes. La Commission européenne prépare un plan d’action climat-santé, avec des financements pour la recherche, l’innovation et la formation des professionnels.
Conclusion : l’Europe à l’épreuve du climat et des virus
La canicule et le chikungunya sont les symptômes visibles d’un continent en mutation. Protéger la santé publique, adapter les villes et renforcer la solidarité européenne sont des défis majeurs pour les années à venir. L’été 2025 pourrait être un tournant : celui de la prise de conscience et de l’action collective.
