Espagne frappée, 1100 morts liés à la canicule et 30.000 hectares partis en fumée en 24h
Introduction
L’Espagne traverse une nouvelle épreuve climatique d’une brutalité inédite. Après 16 jours consécutifs de canicule, le ministère de la Santé a annoncé un bilan stupéfiant : plus de 1100 décès attribués à la chaleur extrême. Dans le même temps, les incendies qui ravagent le pays ont détruit 30.000 hectares en seulement 24 heures. Un double coup de massue qui fait de 2025 l’année la plus noire en matière de sinistres climatiques depuis 2006.
Canicule record et vulnérabilité humaine
Avec des températures atteignant régulièrement 44°C dans plusieurs régions, le pays a vécu un épisode d’une intensité rarement observée. Les personnes âgées et vulnérables représentent la majorité des victimes, souvent décédées d’épuisement thermique ou de déshydratation. Même dans les centres urbains, pourtant mieux équipés, les hôpitaux de Madrid, Séville ou Barcelone sont saturés, les services d’urgence multipliant les admissions pour coups de chaleur.
Le visage des incendies en Espagne
L’autre fléau concerne les feux de forêt incontrôlables. La région de Castille-et-León, l’Andalousie et la Catalogne figurent parmi les plus touchées. Des flammes portées par des vents puissants ont englouti des champs entiers et forcé l’évacuation de plusieurs villages. Les pompiers, à bout de forces, dénoncent un manque chronique de moyens aériens et de coordination.
373.000 hectares brûlés depuis janvier
Selon le ministère de l’Environnement, 373.000 hectares ont déjà été détruits en 2025, un record absolu. Ces incendies, d’une ampleur quasi continue depuis le printemps, transforment l’Espagne en épicentre européen du désastre climatique.
La réponse politique : un pacte d’État
Le Premier ministre Pedro Sánchez, dans un discours solennel, a annoncé son intention de lancer un « pacte d’État face à l’urgence climatique ». Ce plan viserait à renforcer drastiquement les moyens de prévention, à généraliser l’installation de climatisations réversibles dans les foyers les plus défavorisés et à accélérer l’adoption d’énergies renouvelables.

Des populations dépassées
Mais sur le terrain, la colère monte. De nombreux Espagnols accusent le gouvernement de réagir trop tard, et certains dénoncent des « promesses recyclées ». Dans un pays où l’agriculture et le tourisme représentent deux piliers du PIB, la sécheresse et les incendies menacent aussi la stabilité économique.
L’Europe interpellée
À Bruxelles, les institutions européennes affirment leur solidarité, rappelant que l’Espagne bénéficie du mécanisme européen de protection civile. Mais les experts rappellent que la multiplication des catastrophes simultanées en Europe – inondations en Allemagne, tempêtes en France, feux en Grèce – risque d’épuiser la solidarité communautaire.
Le signal du dérèglement global
Au-delà des frontières ibériques, cette catastrophe illustre la réalité du changement climatique. Des épisodes caniculaires aussi longs et meurtriers étaient rares il y a trente ans. Aujourd’hui, ils deviennent réguliers, avec des conséquences directes sur la santé publique, l’économie et la biodiversité.
Conclusion
L’Espagne incarne le laboratoire européen de l’urgence climatique. Entre morts de la canicule et destruction de ses forêts, le pays appelle ses voisins à réagir collectivement face à un péril commun. Les flammes et la chaleur, désormais imbriquées, redessinent le futur énergétique et humain du continent.
