Ukraine-Russie : Analyse des 12 points du nouveau plan de paix proposé à Ankara ce lundi
Vers un tournant diplomatique majeur en Turquie ?
Ce lundi 22 décembre 2025, la ville d'Ankara devient le centre névralgique de la diplomatie mondiale. Sous l’égide du président turc et avec une influence marquée des récentes propositions de l'administration américaine, un document de 12 points clés est sur la table des négociations. Ce plan tente de concilier l’inconciliable : la souveraineté territoriale de l’Ukraine et les exigences de sécurité russes, dans un contexte de fatigue militaire généralisée.
Les points de friction : Territoires et Neutralité
Le cœur du document repose sur deux piliers explosifs :
- Le gel de la ligne de front : Contrairement aux demandes initiales de Kiev, le plan propose un cessez-le-feu immédiat sur les positions actuelles, ce qui laisserait de facto environ 18% du territoire ukrainien sous contrôle russe.
- La clause de neutralité : Moscou exige une interdiction constitutionnelle d'adhésion à l'OTAN pour l'Ukraine. En échange, Ankara propose un "modèle de sécurité scandinave" (pré-2023) avec des garanties de défense bilatérales fournies par un consortium de puissances (Turquie, États-Unis, Pologne).

Reconstruction et levée des sanctions : Le volet économique
Le point 7 du plan d'Ankara introduit une dimension économique cruciale. Il prévoit la création d'un fonds de reconstruction de 450 milliards de dollars, financé en partie par les avoirs russes gelés (un point qui bloque encore à Moscou) et par des contributions de l'Union Européenne. En contrepartie, une levée progressive des sanctions technologiques contre la Russie serait amorcée dès la signature d'un accord durable.
Une "Zone Tampon" de 20 km sous supervision internationale
Pour garantir le cessez-le-feu, le point 10 propose le déploiement d'une force de maintien de la paix non-OTAN, possiblement composée de contingents issus de pays neutres (Brésil, Indonésie, Égypte). Cette zone démilitarisée de 20 kilomètres de large viserait à empêcher toute reprise des hostilités durant la phase de transition politique.
