Le film Barbie projeté malgré la censure et les menaces à Noisy-le-Sec
Une séance sous haute tension
Mardi soir, à Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, le film « Barbie » de Greta Gerwig a finalement été projeté en plein air malgré des semaines de controverses, d’intimidations et de menaces. La ville, qui avait initialement cédé à des pressions idéologiques, a décidé de maintenir la séance, provoquant une forte mobilisation citoyenne.
De la censure aux menaces
Tout a commencé cet été, lorsque des groupes militants ont dénoncé la projection comme « contraire aux valeurs familiales », multipliant messages hostiles et tentatives de blocage. Face au climat tendu, le maire avait dans un premier temps annulé l’événement, suscitant une vague de critiques sur une atteinte à la liberté culturelle.
Mais après concertation avec les associations locales et un renfort de sécurité, la décision a été inversée : la projection a eu lieu.
Un symbole de résistance culturelle
Pour beaucoup d’habitants, voir Barbie sur grand écran au cœur de leur ville est devenu un acte symbolique, bien au-delà du cinéma. « Il fallait montrer que la culture ne plie pas devant les intimidations », confiait une jeune spectatrice venue en famille.
La soirée s’est déroulée sans incident grave, mais sous très haute surveillance policière. La tension perceptible traduisait l’importance que cette projection avait acquise sur le plan politique et social.
Greta Gerwig en icône malgré elle
Le film, satire à la fois féministe et parodique, continue de susciter des débats dans de nombreux pays. En France, il avait déjà été utilisé comme étendard par certains mouvements militants. La polémique locale de Noisy-le-Sec illustre la montée des affrontements idéologiques autour des œuvres culturelles.
La réalisatrice Greta Gerwig, interrogée par la presse américaine, a salué « le courage des habitants de faire vivre le cinéma dans un contexte difficile ».

Enjeux de société
L’affaire révèle un climat grandissant de crispation autour de la liberté d’expression artistique. Les mairies, de plus en plus confrontées à ces dilemmes, doivent arbitrer entre maintien d’événements culturels et sécurité publique.
Pour les associations de cinéphiles, céder à la censure ouvrirait un précédent dangereux. « Si un film comme Barbie est censuré, qu’en sera-t-il demain de documentaires politiques ou sociaux ? », interroge un animateur culturel local.
Une victoire fragile
La projection réussie constitue une victoire symbolique pour la liberté culturelle. Mais elle souligne aussi la fragilité de cette liberté face aux intimidations. Les prochaines programmations de cinéma en plein air pourraient être scrutées avec attention dans d’autres communes.
À Noisy-le-Sec, cette soirée restera comme un acte de résistance culturelle, où une poupée en plastique est devenue l’étendard de la liberté.
