GIORGIA MELONI FACE À LA FRONDE SYNDICALE ET AU SPECTRE DE LA RÉCESSION
L'épreuve de force budgétaire à Rome
Le gouvernement italien traverse une zone de fortes turbulences politiques à la suite de la présentation de son nouveau projet de loi de finances, dont le cœur est une réforme structurelle du système de retraite. La Première ministre Giorgia Meloni doit faire face à une levée de boucliers générale des principales confédérations syndicales du pays, qui appellent à une série de grèves générales et de manifestations dans les grandes villes. Pour l'exécutif, cette réforme est indispensable pour contenir la trajectoire de la dette publique et rassurer les marchés financiers ainsi que les institutions européennes.
L'économie italienne, marquée par une croissance atone et un vieillissement démographique parmi les plus rapides d'Europe, se trouve au bord de la récession. Le relèvement de l'âge légal de départ et la modification des modes de calcul des pensions sont présentés par le ministère de l'Économie comme les seuls leviers réalistes pour préserver la viabilité financière du modèle social italien à moyen terme.

Les dilemmes politiques d'une coalition sous tension
La contestation sociale met à l'épreuve la cohésion de la coalition de droite au pouvoir. Certains alliés politiques, soucieux de préserver leur électorat populaire et régional, expriment des réserves quant à la rigueur des mesures proposées. Giorgia Meloni doit ainsi manœuvrer habilement pour maintenir l'unité de sa majorité tout en envoyant des signaux de sérieux budgétaire à Bruxelles, d'autant que le déblocage des prochaines tranches du plan de relance européen reste conditionné à la mise en œuvre effective de réformes structurelles.
Les syndicats, de leur côté, dénoncent une attaque frontale contre les droits des travailleurs et préconisent des voies alternatives, axées sur la lutte contre le travail informel et la taxation des superprofits sectoriels. L'issue de ce bras de fer social et politique aura des répercussions majeures non seulement pour l'Italie, mais pour l'ensemble de la stabilité financière de la zone euro.
