Mardi noir dans l’Éducation Nationale : La grève qui paralyse le futur
Un pays sans écoles
De Marseille à Lille, les rideaux des écoles maternelles et primaires sont restés baissés ce mardi. Avec un taux de grévistes dépassant les 60 % selon les syndicats (42 % selon le ministère), cette mobilisation est la plus puissante depuis le début de la décennie. Le déclencheur ? La réforme du régime des congés de longue maladie (CLM) et l'instauration de trois jours de carence pour les agents de la fonction publique.
Une profession en quête de sens
Au-delà des revendications salariales classiques, c'est un cri de détresse que lancent les enseignants. "On nous demande de soigner l'inclusion, de gérer des classes surchargées et maintenant de travailler alors que nous sommes malades", s'insurge une directrice d'école en manifestation à Paris. La ministre de l'Éducation, Anne Genetet, se retrouve face à un mur. Sa volonté de "productivité" se heurte à une réalité de terrain marquée par le burn-out et une crise de recrutement sans précédent : plus de 4 000 postes sont restés vacants au dernier concours.

L’enjeu de la santé au travail dans le public
Le gouvernement argue que l'absentéisme dans l'éducation coûte plus de 2 milliards d'euros par an. La réforme vise à aligner le secteur public sur le privé pour, officiellement, "rétablir l'équité". Mais les experts en sociologie du travail rappellent que les conditions d'exercice ne sont pas comparables. En supprimant la protection sociale liée aux arrêts maladie, l'État risque d'aggraver la fuite des cerveaux vers le secteur privé. Le bras de fer ne fait que commencer, et le spectre d'une année scolaire blanche commence à hanter les parents d'élèves.
