Italie : La fontaine de Trevi devient payante, Rome tente de réguler le surtourisme
La fin d'une ère pour la Dolce Vita
C’est une décision qui a fait l’effet d’une bombe dans le monde du voyage. Ce mardi 3 février 2026, la municipalité de Rome a officiellement instauré un système d’accès payant pour la place de la Fontaine de Trevi. Désormais, pour s’approcher du chef-d’œuvre de Nicola Salvi et y jeter la traditionnelle pièce de monnaie, les visiteurs devront s’acquitter d’un ticket de 2 euros réservé via une application mobile ou des bornes installées aux abords du site.
Une mesure de survie pour le patrimoine
Le maire de Rome, Roberto Gualtieri, justifie cette mesure par une nécessité impérieuse de sécurité et de conservation. "Nous ne voulons pas transformer Rome en musée fermé, mais nous ne pouvons plus ignorer la dégradation physique du monument et les risques de bousculades permanentes", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. Avec plus de 12 000 visiteurs par heure en haute saison sur quelques centaines de mètres carrés, le site était devenu irrespirable.

Le modèle de Venise fait école
Après l'expérimentation de la taxe d'entrée à Venise l'an dernier, Rome franchit une étape supplémentaire. Les revenus générés — estimés à plusieurs millions d'euros par an — seront intégralement réinvestis dans l'entretien des monuments de la Ville Éternelle et dans l'embauche d'agents de police municipale supplémentaires. Pour les experts en urbanisme, cette "marchandisation" du patrimoine est le prix à payer pour éviter l'effondrement des structures historiques face à la massification du tourisme mondial.
