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Andry Rajoelina en fuite : Madagascar plonge dans une crise politique explosive

Andry Rajoelina en fuite : Madagascar plonge dans une crise politique explosive

Le crépuscule du pouvoir d’Andry Rajoelina marque une page historique pour Madagascar. En ce mois d’octobre 2025, l’île est secouée par une crise aiguë à la fois institutionnelle, populaire et sécuritaire. Le président, contesté dans la rue et fragilisé par des mobilisations sans précédent de la jeunesse urbaine, a quitté le territoire alors que des députés lançaient une procédure de destitution pour “abandon de poste”. La fuite d’Andry Rajoelina s’est opérée dans la nuit du 13 au 14 octobre par exfiltration vers La Réunion via un avion militaire français, confirmant la tension extrême qui règne à Antananarivo.​

La genèse de cette crise remonte à une série de mobilisations, où la coalition “Gen Z Madagascar”, appuyée par des syndicats de fonctionnaires, a massivement investi les rues de la capitale. Cette jeunesse, porteuse d’espoir et de renouveau, dénonçait les inégalités, la corruption et le manque d’opportunités, symbole d’un modèle politique à bout de souffle. Face à la pression, Rajoelina a tenté une contre-attaque : dissolution de l’Assemblée nationale par décret, justification sur le respect de la Constitution, discours d’apaisement, mais la rue ne s’est pas tue.​

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La transition s’est opérée dans la confusion. Les députés, profitant de la vacance du pouvoir, ont voté massivement en faveur de la destitution du chef de l’État, rapidement appuyés par la Haute Cour constitutionnelle. Dans la foulée, le colonel Michael Randrianirina, soutenu par l’armée (CAPSAT), a été nommé chef de l’État par intérim, dissout le Sénat et la Haute Cour, et s’est engagé à protéger la population contre toute ingérence extérieure.

Ce séisme politique n’est pas inédit pour Madagascar : la chute d’un président sous la pression de la rue rappelle la crise de 2009, lorsque Rajoelina lui-même avait accédé au pouvoir à la faveur d’un mouvement populaire. Cette fois, la mobilisation est plus large et s’appuie sur la défiance d’une société civile et de la jeunesse, connectée et instruite, qui réclame davantage de gouvernance et de justice sociale.

Les internationalisations de la crise sont multiples : la France, présente à travers l’exfiltration présidentielle, surveille la stabilité régionale ; l’Union africaine et la SADC appellent au respect des procédures constitutionnelles ; les Nations unies préconisent la tenue d’élections législatives sous quatre-vingt-dix jours, tandis que la pression populaire maintient l’armée dans sa posture de gestion de l’ordre public.

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