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Saad Lamjarred jugé en appel à Paris pour viol – le procès qui divise le Maroc

Saad Lamjarred jugé en appel à Paris pour viol – le procès qui divise le Maroc

Le chanteur marocain Saad Lamjarred, superstar de la pop arabe, comparaît ce lundi devant la cour d’appel de Paris pour viol aggravé et violences, une affaire qui passionne et divise le Maroc et la diaspora maghrébine. Condamné en première instance à six ans de prison pour des faits remontant à 2016, l’artiste clame son innocence et bénéficie du soutien d’une partie de ses fans, tandis que les associations féministes dénoncent la « culture de l’impunité » et réclament justice pour les victimes de violences sexuelles. Ce procès très médiatisé pose la question de la responsabilité des célébrités, du traitement judiciaire des violences sexuelles et de l’évolution des mentalités dans le monde arabe.

Retour sur les faits

En octobre 2016, Saad Lamjarred, alors au sommet de sa carrière avec le tube « Lm3allem », est arrêté à Paris après la plainte d’une jeune femme française de 20 ans, Laura P. Celle-ci l’accuse de viol et de violences dans une chambre d’hôtel, après une soirée en boîte de nuit. L’artiste est placé en détention provisoire, puis libéré sous contrôle judiciaire. Il sera finalement jugé en 2023, condamné à six ans de prison et inscrit au fichier des délinquants sexuels.

Lamjarred a toujours nié les faits, affirmant qu’il s’agissait d’une relation consentie. Ses avocats dénoncent des incohérences dans les déclarations de la plaignante et pointent l’absence de preuves matérielles. Mais la cour a estimé que les éléments à charge étaient suffisamment graves et concordants pour retenir la culpabilité.

Un procès sous haute tension

Le procès en appel s’ouvre dans un climat de tension extrême. Des fans de Saad Lamjarred, venus de France, du Maroc et d’autres pays arabes, se sont rassemblés devant le palais de justice pour soutenir leur idole. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #JusticePourSaad alterne avec #JusticePourLaura, illustrant la fracture de l’opinion.

Les associations féministes, dont Osez le féminisme et le collectif Nous Toutes, dénoncent la « starification » des agresseurs et la pression subie par les victimes de célébrités. « Ce procès est un test pour la justice française et pour l’évolution des mentalités dans le monde arabe », estime la sociologue Fatima El Ayachi.

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Le Maroc divisé

Au Maroc, l’affaire Lamjarred suscite des débats passionnés. Pour ses fans, il est la victime d’un complot, d’une « chasse à l’homme » orchestrée par des ennemis du succès marocain. Pour d’autres, il incarne la dérive d’un système où la célébrité protège de tout, y compris des crimes les plus graves.

Les médias marocains oscillent entre soutien discret et prudence, tandis que certains artistes et intellectuels appellent à respecter la présomption d’innocence. Mais la parole des femmes victimes de violences sexuelles reste difficile à faire entendre, dans un pays où le tabou demeure fort.

La justice française à l’épreuve

Pour la cour d’appel de Paris, l’enjeu est de juger en droit, à l’abri des pressions médiatiques et communautaires. Les débats portent sur la crédibilité des témoignages, les expertises médicales et psychologiques, les éléments matériels et les antécédents de l’accusé (Lamjarred a déjà été mis en cause dans d’autres affaires de violences sexuelles, notamment aux États-Unis et au Maroc).

Le parquet a requis la confirmation de la peine de première instance, tandis que la défense plaide la relaxe. Le verdict, attendu dans une semaine, sera scruté de près dans les deux pays.

Les violences sexuelles, un enjeu de société

Au-delà du cas Lamjarred, ce procès met en lumière la difficulté pour les victimes de violences sexuelles d’obtenir justice, surtout lorsque l’auteur présumé est une personnalité publique. Les associations rappellent que moins de 10 % des viols donnent lieu à une condamnation en France, et que la parole des femmes reste souvent mise en doute.

Dans le monde arabe, les mouvements #MeToo et #Masaktach ont permis de libérer la parole, mais les obstacles restent nombreux : peur de la stigmatisation, pression familiale et sociale, lenteur de la justice, manque de soutien psychologique et juridique.

La responsabilité des artistes et des médias

La question de la responsabilité des artistes, des médias et des fans est également posée. Faut-il continuer à diffuser la musique de Saad Lamjarred ? Les plateformes de streaming, les radios et les chaînes de télévision sont interpellées sur leur rôle dans la promotion ou la mise à l’écart des personnalités mises en cause.

Pour les associations féministes, il est temps de « rompre avec l’impunité » et de faire passer le message que la célébrité ne doit pas protéger des poursuites judiciaires.

Conclusion

Le procès en appel de Saad Lamjarred à Paris est bien plus qu’une affaire judiciaire : c’est un révélateur des fractures, des tabous et des évolutions en cours dans la société française et marocaine. Il pose la question de la justice, de la responsabilité et de l’égalité devant la loi, quel que soit le statut social ou la notoriété de l’accusé.

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