Donald Trump remet en cause la contribution américaine au seuil de 5% du PIB pour la défense
défenseDepuis plusieurs années, la question du financement de l’OTAN cristallise les tensions entre les États-Unis et leurs alliés européens. Cette semaine, le président américain Donald Trump a de nouveau jeté un pavé dans la mare en affirmant que le seuil de 5% du PIB consacré à la défense, récemment évoqué lors des discussions préparatoires au sommet de l’Alliance, ne devrait pas s’appliquer aux États-Unis. Cette déclaration, qui intervient à quelques jours d’un sommet crucial à La Haye, relance le débat sur l’équilibre des contributions et la solidarité transatlantique au sein de l’organisation1.
Historiquement, l’OTAN s’est fondée sur le principe d’une défense collective, chaque membre s’engageant à consacrer une part significative de ses ressources à la sécurité commune. Depuis 2014, l’objectif officiel est fixé à 2% du PIB pour chaque État membre. Mais face à la montée des menaces, notamment en Europe de l’Est et au Moyen-Orient, certains responsables – dont Trump – ont plaidé pour une augmentation substantielle de cet effort. Le seuil de 5% a été évoqué comme un signal fort de la détermination occidentale à préserver la paix et la stabilité.
Pourtant, Donald Trump, tout en exhortant les Européens à « prendre leurs responsabilités », estime désormais que les États-Unis, qui supportent déjà l’essentiel du fardeau militaire, ne devraient pas être tenus à cette nouvelle exigence. Selon lui, l’Amérique consacre déjà plus de 3,5% de son PIB à la défense, soit un montant largement supérieur à celui de la plupart de ses partenaires. Il rappelle que le budget militaire américain dépasse à lui seul la somme de tous les autres membres de l’OTAN réunis.
Cette position suscite l’inquiétude des alliés européens, qui redoutent un désengagement progressif de Washington. Pour eux, la crédibilité de l’Alliance repose sur la participation active et équitable de tous ses membres. L’idée d’un « OTAN à la carte », où chaque pays fixerait librement ses propres objectifs, affaiblirait la cohésion stratégique face à des adversaires déterminés comme la Russie ou l’Iran.

En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, les responsables politiques insistent sur la nécessité de renforcer l’autonomie stratégique européenne, tout en maintenant le lien transatlantique. La question du partage du fardeau militaire est également au cœur des débats internes, alors que les opinions publiques sont de plus en plus réticentes à augmenter les dépenses de défense au détriment des politiques sociales ou environnementales.
Pour les experts, la sortie de Donald Trump est aussi à replacer dans le contexte de la campagne présidentielle américaine. En adoptant une posture ferme vis-à-vis de l’OTAN, il cherche à séduire une partie de l’électorat lassée des engagements extérieurs et soucieuse de recentrer les priorités sur les intérêts nationaux. Mais cette stratégie comporte des risques : un affaiblissement de l’Alliance atlantique pourrait encourager les ambitions de la Russie en Ukraine ou de l’Iran au Moyen-Orient.
À l’approche du sommet de La Haye, la question du financement de l’OTAN s’annonce donc comme l’un des principaux points de friction. Les discussions promettent d’être tendues, mais l’enjeu est de taille : il s’agit de réaffirmer la solidarité occidentale face à un monde de plus en plus instable. Le résultat de ces négociations déterminera non seulement l’avenir de l’Alliance, mais aussi celui de la sécurité internationale pour les années à venir1.
