Dossier Omondo Demain : La France en grève et en mouvements sociaux : jusqu’où ira la crise qui affaiblit le pays ? Analyse de Christian Sabba Wilson
Depuis plusieurs mois, la France fait face à une montée sans précédent des mouvements sociaux et des grèves, signe d’une crise profonde tant sociale que politique. Le 18 septembre 2025, une importante journée nationale de mobilisation intersyndicale est attendue, rassemblant enseignants, cheminots, personnel de santé, agents publics, et plus largement des millions de travailleurs. Ce climat volontiers revendicatif oppose de plus en plus la population à un gouvernement perçu comme déconnecté des aspirations populaires. L’analyse de Christian Sabba Wilson explore les raisons, les acteurs, et les scénarios possibles d’une crise qui fragilise durablement la France.
Une crise sociale exacerbée
La colère sociale s’est nourrie de la présentation, cet été, d’un projet budgétaire jugé « brutal » par les syndicats et les mouvements progressistes. Suppression de jours fériés, coupes dans les services publics, gel des salaires, aggravation de la précarité, recul des droits sociaux… les revendications s’accumulent face à un gouvernement qui, selon nombre d’observateurs et acteurs de terrain, persiste dans l’austérité malgré l’épuisement d’une grande partie de la population.
Les appels à la grève sont nombreux : enseignants, compagnies de transport, personnels hospitaliers, agents de la fonction publique, tous dénoncent une « remise en cause systémique » de leurs conditions de vie et un manque de perspectives pour les générations futures. Les effets de cette crise se traduisent par des tensions visibles dans les écoles, les transports publics, les hôpitaux, et sur l’ensemble des services publics.

Une mobilisation populaire et organisée
Contrairement aux mouvements sporadiques ou recyclés des années précédentes, le mouvement actuel adopte une forme plus structurée et interactive. Des assemblées générales locales se multiplient, avec une volonté d’auto-organisation par la base des secteurs en lutte. Cela traduit un rejet croissant des tutelles syndicales traditionnelles jugées trop conciliantes, et un désir d’empowerment populaire direct.
Christian Sabba Wilson insiste sur le rôle central d’un dialogue absent entre la société civile et l’exécutif, et de la nécessité d’une politique d’écoute authentique.
Scénarios d’évolution
Tant que les revendications resteront ignorées ou marginalisées, le risque d’enlisement dans une crise durable est élevé. La France pourrait voir s’intensifier des formes nouvelles de mobilisation, allant vers une grève générale et reconductible, avec des impacts notables sur l’économie et le fonctionnement des institutions.
La crise politique est également palpable. La popularité des dirigeants décline à mesure que les colères sociales s’accentuent. La perte de confiance dans le régime républicain pose la question de la capacité du système à se réformer sans ruptures violentes.

Pistes d’espoir ?
Christian Sabba Wilson appelle à un renouveau démocratique fondé sur la participation citoyenne et la justice sociale. Pour cela, il préconise :
- une refonte des mécanismes de dialogue social,
- une fiscalité plus progressive,
- un effort massif sur la transition écologique et industrielle,
- et la décentralisation du pouvoir avec plus d’autonomie aux collectivités.
La France est à un carrefour décisif : la réponse politique qui sera apportée dans les prochains mois déterminera la trajectoire du pays pour les années à venir.
