COP29 & COP30 : Pourquoi le fonds de 100 milliards de dollars pour le climat peine à atteindre Kinshasa et Brasilia
L'urgence climatique face à l'inertie financière internationale
Malgré les promesses répétées lors des sommets de Bakou et les préparatifs intenses pour Belém, le financement de la transition écologique reste le nerf d'une guerre que le Sud global semble mener avec des armes émoussées. Le chiffre est gravé dans tous les agendas diplomatiques : 100 milliards de dollars par an. Pourtant, sur le terrain, à Kinshasa comme à Brasilia, l'argent n'arrive qu'au compte-gouttes. Ce décalage entre les annonces de la COP29 et la réalité de la COP30 pose une question fondamentale sur la crédibilité des institutions financières multilatérales.
Le Bassin du Congo et l'Amazonie : Des poumons sous perfusion
Le bassin du Congo, dont la République Démocratique du Congo (RDC) est le principal gardien, et l'Amazonie brésilienne représentent les deux plus grands puits de carbone de la planète. Cependant, la préservation de ces écosystèmes nécessite des investissements massifs qui dépassent les capacités budgétaires nationales. À Kinshasa, les projets d'agroforesterie stagnent par manque de garanties bancaires. À Brasilia, le gouvernement Lula réclame une révision des mécanismes de crédit carbone, jugeant les prix actuels du marché insuffisants pour compenser le coût d'opportunité de la non-déforestation.

Les barrières bureaucratiques et le risque pays
Pourquoi cet argent reste-t-il bloqué ? Trois obstacles majeurs sont identifiés par les experts d'Omondo 24 :
- La complexité des procédures d'accréditation : Accéder au Fonds Vert pour le Climat relève souvent du parcours du combattant administratif pour les agences locales.
- Le coût du capital : Les taux d'intérêt pour les projets "verts" en Afrique sont souvent 3 à 8 fois supérieurs à ceux pratiqués en Europe, en raison de la perception du "risque pays".
- L'absence de transfert technologique : Le financement est souvent lié à l'achat d'équipements produits au Nord, limitant l'impact économique local.
Vers une réforme du système de Bretton Woods
Pour que la COP30 ne soit pas un échec annoncé, une refonte de l'architecture financière mondiale est nécessaire. Le "Pacte de Paris pour les Peuples et la Planète" commence à porter ses fruits, mais la mise en œuvre de taxes mondiales sur les transactions financières ou le transport maritime reste en suspens. L'enjeu est de transformer les promesses de milliards en infrastructures concrètes : réseaux électriques décentralisés, agriculture résiliente et protection de la biodiversité.
