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Le Liban a commémoré l'explosion au port de Beyrouth sans grand espoir de justice

Des centaines de Libanais ont dénoncé hier vendredi, l'obstruction de la justice en marquant le troisième anniversaire de l'explosion meurtrière au port de Beyrouth, accusant la classe politique d'entraver l'enquête sur ce drame. Cependant, le 4 août 2020, l'une des plus grandes explosions non nucléaires de l'histoire avait dévasté des quartiers entiers de la capitale, tuant plus de 220 personnes et en blessant plus de 6.500. À l'appel du collectif des familles des victimes, qui se bat inlassablement depuis trois ans pour réclamer justice, les manifestants ont marché jusqu'au port où ils ont observé une minute de silence à 18h07, l'heure exacte de l'explosion. Cette déflagration a été provoquée par un incendie dans un entrepôt où étaient stockées sans précaution des tonnes de nitrate d'ammonium, malgré des avertissements répétés aux plus hauts responsables. Un camion de pompiers, portant les photos des dix pompiers tués en tentant de maîtriser l'incendie, avait ouvert la marche. Pour rappel, un premier juge chargé en 2020 de l'enquête avait dû jeter l'éponge, après avoir inculpé l'ex-premier ministre, Hassan Diab, et trois anciens ministres. Son successeur, Tarek Bitar, s'est à son tour attaqué à des responsables politiques, mais le Parlement a refusé de lever l'immunité de députés inculpés, le ministère de l'Intérieur s'est opposé à l'interrogatoire de hauts gradés et les forces de sécurité ont refusé d'exécuter des mandats d'arrêt. Il a été contraint de suspendre son enquête pendant 13 mois, en raison de dizaines de poursuites à son encontre de la part de responsables politiques et d'intenses pressions. Toutefois, le procureur a également ordonné la libération des 17 personnes détenues sans jugement depuis l'explosion. De ce qui précède hier vendredi, le président français Emmanuel Macron, qui s'était rendu à Beyrouth au lendemain de l'explosion, a assuré les Libanais, dont le pays est plein chaos économique et politique, de son soutien. «Vous pouvez compter sur la France, notre solidarité, notre amitié», a-t-il écrit sur Twitter, rebaptisé X. Le département d'État américain a estimé de son côté que «l'absence de progrès» dans l'enquête était «inacceptable», soulignant «la nécessité d'une réforme judiciaire». Jeudi, 300 ONG parmi lesquelles Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ainsi que des familles de victimes avaient renouvelé leur appel à la formation d'une commission d'enquête internationale.

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